Catégories et typologies de procédures normatives conçues et appliquées autour de la FOAD : normes et standards sont les deux mots génériques d’un plus grand nombre de démarches et d’approches d’harmonisation ou d’unification de procédures. Il s’agit de comprendre quels sont les cycles d’évolution permettant de passer d’un stade à un autre dans un processus normatif.
I) Pourquoi des normes et standards ?
A) Objectifs des normes et standards
Il est important de rappeler que l’objectif des normes et standards en FOAD est :
- de faciliter l’usage des ressources éducatives en rendant les environnements technologiques utilisés inter-opérationnels ;
- de pouvoir réutiliser des contenus de formation sur différents supports technologiques dans des contextes différents et par le biais de modes d’accès divers.
- de pouvoir faire évoluer les plates-formes sans pour autant avoir à re-produire les contenus déjà conçus.
- d’adapter et moduler les contenus et outils en fonction des besoins des utilisateurs.
B) Quelques définitions
Selon le Robert, un standard est ” un ensemble de caractéristiques, conformes à une norme, qui définit un système”.
Une norme, quant à elle, est un ensemble de règles sanctionnées par des accords juridiques.
Les normes sont reconnues par les organismes officiels (International Standards Organization – ISO, Agence française de normalisation – AFNOR, Conseil canadien des normes), mais les standards de fait peuvent s’imposer par eux-mêmes, en particulier au sein des trusts. Ces standards, de fait, peuvent être créés à diverses étapes du processus de normalisation, et même être mis en place bien avant le début de ce travail. En FOAD, SCORM, par exemple, s’est imposé sans reconnaissance officielle. Le LOM « est au stade avancé de discussion au sein du SC 36 de l’ISO » (Citation du cours), et est utilisé en tant que standard.
C) Les organismes de normalisation
Article détaillé : Organisme de normalisation.
Les organismes de normalisation sont des organismes reconnus au niveau national ou international. Ils peuvent être constitués soit par des États, soit par des consortiums internationaux de professionnels. Dans l’acceptation européenne, la norme émane des organismes officiels de normalisation.
Exemples d’organismes de normalisation :
Organismes internationaux :
- CEI: Commission électrotechnique internationale
- CEN: Comité européen de normalisation
- ISO: L’Organisation internationale de normalisation
Organismes nationaux :
- AFNOR: Association française de normalisation
- ANSI: American National Standards Institute
- ASTM International : American society for testing and material
- BSI : British Standards Institute
- DIN : Deutsches Institut für Normung
- NBN : Institut belge de normalisation
- JSA : Japanese Standards Association
II) Le cycle de normalisation
A) Les étapes
Le processus de normalisation se décline en 5 étapes :
- La phase de prospection : identifier les exigences auxquelles les normes devraient répondre (cahier des charges).
- La définition ou élaboration de spécifications: il s’agit de répondre de façon opérationnelle aux exigences recensées dans la phase précédente. Ce travail est effectué par des acteurs qui ne collaborent pas forcément tous.
- La testabilité: un modèle de référence est élaboré par des consortiums pour un plus haut degré de stabilité. Des projets pilotes permettent de se confronter à la pratique de ces normes.
- La standardisation : certains modèles ont été rejetés pendant les tests, d’autres ont été conservés : ce sont les “standards de fait”, qui s’imposent comme des exemples à suivre. Des organes d’accréditation ou de certification “w3″ commencent à en faire des standards de droit.
- La normalisation : les standards qui assurent un haut degré de précision et de consensus deviennent des normes.
B) La normalisation : bilan
Ainsi, la normalisation est un cycle rétroactif : la période de test peut amener à modifier les objectifs de la phase de définitions des spécifications.
Ce cycle est plus ou moins collaboratif, mais on peut dire que la dernière phase de normalisation se fait dans la coopération internationale : les différents pays influencent plus ou moins les décisions selon leurs poids économique. Les différences culturelles jouent sur la création des normes : on peut par exemple faire allusion au conflit culturel autour des travaux sur Simple Human Identifiers (IEEE 1484.13) au sein de l’ISO. En fait, la France s’est, en vain, opposée à l’indexation automatique des apprenants, pour des raisons législatives (« en effet, l’article 18 de la loi du 6 janvier 1978 subordonne l’utilisation du Répertoire National d’Identification des Personnes physiques et par extension du Numéro d’Inscription au Répertoire (NIR) à une procédure d’autorisation par décret en Conseil d’Etat »,) mais aussi culturelles : exemple de l’attachement à la confidentialité.
III) Quelles données donnent-elles lieu à des normes ?
A) Les métadonnées
Les catégories des métadonnées résultent de la convergence de plusieurs standards et normes et s’organisent suivant une typologie :
1) Des métadonnées relatives : « données qui décrivent d’autres données » ou « un ensemble structuré d’informations décrivant une ressource quelconque ».
2) Les « autres données » : il s’agit des catégories décrites physiquement qui sont les informations numériques obtenues d’un fichier ou un document à partir d’une ressource pédagogique. (cf. Cours1 & 2)
Les types de métadonnées
a) Les métadonnées sémantiques
Elles sont créées par le créateur (appelé encore « auteur ») de la ressource et correspond à une norme et une standardisation liées à la présentation et la typologie du contenu, ainsi qu’à son organisation pédagogique. De ce fait, l’usager aura la possibilité de trouver facilement les ressources qui lui sont adaptées.
b) Les métadonnées d’édition
Elles sont crées par le producteur, ou encore l’éditeur de la ressource.
Elles regroupent les éléments tels que la description physique, les droits intellectuels, les formats techniques, etc.
Ce type de métadonnées se retrouve au niveau des propriétés qui permettent au responsable de l’édition de définir les paramètres de référencement de publication de service et de source d’édition.
c) Les métadonnées de gestion
Elles sont créées par l’’administrateur du système d’information. Elles regroupent les droits d’accès et modalités de distribution, schémas de classification, etc.
B) Les standards multiples
Des standards multiples sont développés pour répondre à des besoins variés de communautés différentes : la règle est de choisir le modèle qui répond le mieux aux exigences propres de chaque formation sans perdre un degré de conformité avec les autres.
Exemples de standard multiples :
- MARC : il a été conçu pour l’échange des enregistrements bibliographiques ;
- Dublin Core : il a été conçu pour être appliqué à une grande variété de ressources et d’applications numériques multidisciplinaires ;
- LOM : Il a été conçu pour traiter des catégories de données plus détaillées concernant les ressources pédagogiques.